La KEK élit un Conseil de direction plus resserré

Gérald Machabert Co-opted Staff – Writer (United Protestant Church of France)

La 14ème Assemblée de la Conférence des Églises européennes (KEK) qui se tient à Budapest jusqu’au 8 juillet a élu 20 personnes représentatives de la diversité de ses membres au nouveau Conseil de direction.

Suivant le cadre de la nouvelle Constitution adoptée la veille, c’est un Conseil de direction réduit de moitié par rapport à l’équipe sortante du Comité central qui a été élu. Cette Constitution souhaite en effet doter la KEK d’un appareillage plus léger et changer le nom de ses structures de gouvernance.

Ce fut donc un travail d’orfèvre pour le Comité des nominations de l’Assemblée que de proposer une liste équilibrée pour ce futur Conseil, tentant de maintenir les grands équilibres dans la composition de cette équipe réduite.

http://assembly2013.ceceurope.org/index.php?id=1594

La KEK est en effet fortement attentive à la représentativité en ses institutions des différentes composantes tant confessionnelles que de statuts. Ainsi, même si un court débat a eu lieu entre différentes Eglises de la région Nord-Baltique au sujet d’un candidat danois que certaines Églises souhaitaient remplacer par Karin Burstrand, évêque luthérienne de l’Église de Suède et membre sortant du Comité central, les grands équilibres sont maintenus.

45% des membres de ce nouveau Conseil de direction sont des femmes et 35% sont des laïcs. Les jeunes ne sont plus tout à fait aussi présents, ne représentant que 20% des membres du Comité central. Les orthodoxes sont eux un peu plus présents avec 30% de la composition de cet organe exécutif.

Les membres de la 14ème Assemblée ont choisi – dans la foulée de l’adoption de la nouvelle Constitution – d’élire une équipe représentant le renouveau. Quatre membres du Comité central sortant seulement ont été reconduit dans leur mandat de direction de la KEK.

La KEK transfère son siège de Genève à Bruxelles

Gérald Machabert
Co-opted Staff – Writer, United Protestant Church of France

Plenary sessionLa Conférence des Eglises européennes (KEK) a voté une nouvelle Constitution qui contient le choix du transfert de son siège de Genève à Bruxelles.

Dans le préambule de cette nouvelle Constitution, la KEK s’engage à « aider les Eglises européennes à partager leur vie spirituelle et leur action de service, et à promouvoir l’unité des Eglises et la paix dans le monde. »

La 14ème Assemblée de la KEK à Budapest a ainsi remplacé sa base légale précédente qui avait été adoptée en 1992 et amendée en 2009.

La nouvelle Constitution a été adoptée le 7 juillet par un vote de 160 personnes pour et 7 contre et 7 abstentions.

Les délégués à l’Assemblée sont les représentants de près de 120 Eglises et fédérations d’Eglise.

Mardi 9 juillet 2013 marquera la date d’entrée en vigueur d’une Constitution sensée conduire la Conférence des Eglises européennes dans un futur de collaborations plus étroites.

Le siège de la KEK, qui se trouvait à Genève depuis sa création en 1959, sera transféré « aussi rapidement que possible » dans les locaux de la Conférence à Bruxelles ; siège de l’Union européenne et de ses institutions.

Les transferts légaux entre législation suisse et belge risquent cependant de reporter ce changement de deux ou trois années.

Il est proposé que le bureau existant à Strasbourg soit maintenu pour poursuivre les relations de la KEK avec le Conseil de l’Europe et d’autres institutions.

Un comité exécutif d’une vingtaine de personnes remplacera l’actuelle Comité Central composé de 40 personnes.

Ce comité se réunira « au moins deux fois par an » pour conduire l’organisation entre deux Assemblées qui se retrouveront tous les cinq ans. Les structures exécutives seront conduites par un président et deux vice-présidents.

Le Secrétaire général pilotera le travail quotidien depuis le Secrétariat de Bruxelles.

Les commissions actuelles composant la KEK seront restructures dans un système qui les intègre plus fortement.

Les discussions doivent se poursuivre avec la Commission des Eglises auprès des migrants en Europe (CCME) qui travaille déjà de façon étroite avec la KEK et avait envisagé son rattachement complet.

Les cinq jours de travail et d’amendements en assemblée plénière et en petits groupes ont culminé lors de la troisième lecture du document dimanche après-midi et soir.

Au cours de cette lecture, le texte a été lu littéralement et intégralement alors que des délégués étaient appelés à faire d’ultimes propositions et ajustements.

Certains participants d’organisations associées représentant les mouvements de jeunes, de femmes et d’autres courants du mouvement œcuménique ont exprimé leur déception à voir leur statut devenir celui d’ « organisations partenaires ». Ils ont exprimé leur crainte de voir cette catégorisation, contenue dans la Constitution, les exclure des décisions au profit des Eglises membres.

Bien que les débats aient eu lieu en Anglais, Français et Allemand, c’est à partir de la version anglaise que l’Assemblée a travaillé.

La Constitution ne sera rendue publique que lorsque la traduction aura été effectuée en Français et en Allemand et qu’une relecture juridique aura été effectuée sur les trois versions.

La prière, lieu de différences et de réconciliation

Gérald Machabert
Co-opted Staff – Writer, United Protestant Church of France

Photo: Magnus Aronson/IKON

Photo: Magnus Aronson/IKON

Les discussions lors des sessions plénières de cette Assemblée montrent combien il est parfois difficile de concilier, voire de réconcilier, des traditions « parlementaires » différentes. Faut-il d’abord étudier le texte initialement proposé avant d’en examiner les amendements ? Ou faut-il, de façon privilégiée, prendre en compte les amendements qui paraissent être des améliorations du texte initial, surtout lorsqu’ils sont soutenus par un grand nombre de délégations ? Les « points d’ordre » se succèdent parfois lors des débats, comme autant de rappels à la Constitution et au règlement intérieur.

Mais les différences se font aussi jour dans les moments qui pourtant devraient rassembler les uns et les autres : la prière. Certes, une Assemblée est un lieu de discussions parfois ardues sur des questions juridiques ou administratives. Mais c’est aussi l’un des lieux où les chrétiens parcourent ensemble le chemin vers une plus grande unité, et la prière devrait permettre à chacun de vivre intérieurement ce chemin. Mais on n’abolit pas si facilement des siècles de séparation ! La KEK a fait le choix de vivre des temps de prière conduits tour à tour par les différentes traditions confessionnelles qui la composent. Ainsi, si, le jeudi 4 juillet, les temps de prière du matin, de midi et du soir étaient célébrés dans la tradition orthodoxe, le lendemain, c’est au tour des protestants de conduire ces moments liturgiques. Ainsi, l’œcuménisme n’est pas vécu comme un chemin sur lequel chacun ne parcourrait que la moitié du trajet, mais comme un chemin où chacun est invité tour à tour à faire l’ensemble du chemin pour rejoindre l’autre.

Ce chemin est parfois ardu. Ainsi, une protestante française trouvait difficile d’entrer dans la prière à Marie proposée par les orthodoxes, et une autre avait tiqué sur les formulations de prière invitant à la « christianisation de l’Europe »… Peut-être que la confession de foi lors de la prière du matin du vendredi 5, prononcée par Claire Sixt-Gateuille, de l’Eglise protestante unie de France, appelait-elle à rester attentifs à ces différences qui divisent encore : « Seigneur, tu nous donnes le bonheur d’être ensemble, mais sous la pression nous oublions ce bonheur »…

Le Rapport d’Uppsala pour les Nuls

Gérald Machabert
Co-opted Staff – Writer (United Protestant Church of France)Rapport d'Uppsala

En ce deuxième après-midi de la 14ème Assemblée de la Conférence des Eglises européennes (KEK) qui se tient jusqu’au 8 juillet à Budapest, une expression est sur les lèvres de tous les délégués : « le Rapport d’Uppsala » ! Mais qu’est-ce que ce Rapport d’Uppsala ? Et pourquoi est-il si important dans les conversations et les débats des prochains jours ?

Qu’est-ce que le Rapport d’Uppsala ?

Concrètement pour les participants de l’Assemblée de Budapest, le Rapport d’Uppsala, c’est déjà un livret d’une centaine de pages dont ils ont dû examiner avec soin les propositions. Ces dernières ont été formulées par le Groupe de Travail de Révision pour la KEK et ses Eglises membres – ici souvent appelé le GTR (ou RWG en anglais). Le GTR, composé de 15 membres représentant les différentes composantes de la KEK (géographiques, confessionnelles, d’âges et de genres variés), avait été élu lors de la précédente Assemblée, à Lyon en 2009.  Son mandat était de « procéder à une révision de la KEK dans son ensemble, ce qui recouvre ses aspirations et sa vision ainsi que la définition de ses objectifs stratégiques, et de déterminer les structures les mieux à même de servir ces objectifs. […] Cette révision devra également porter sur les aspects constitutionnels, juridiques et décisionnels jugés nécessaires ».
Vaste programme !

Pourquoi le Rapport d’Uppsala s’appelle-t-il ainsi ?

Le GTR s’est réuni pendant les quatre années de son mandat entre les deux Assemblées. Il a validé le rapport, présenté à Budapest, lors de sa 8ème session de travail en novembre 2012, session qui s’est tenue en Suède, dans la ville d’Uppsala… Rien de bien mystérieux dans ce nom, donc !

Que contient le Rapport d’Uppsala ?

Ce rapport contient des textes qui ont tous trait à la question du futur de la KEK dans le paysage européen des années à venir, mais de longueur et d’importance variées. Une première partie plonge au cœur de cette question alors qu’une deuxième explicite la méthodologie qui a présidé aux différents choix faits dans le Rapport.

La première partie procède en couches successives : des mutations sur le continent européen depuis 1959, année de création de la KEK, à la traduction concrète de la prise en compte de ces mutations à travers la proposition d’une nouvelle Constitution. Celle-ci est donc présentée en tant que telle aux 220 délégués des Eglises membres qui en discuteront, y apporteront des amendements avant de voter le texte qui organisera le travail de la KEK pour les années à venir.

Qu’est-ce que le Rapport d’Uppsala va changer pour la KEK ?

La proposition de nouvelle Constitution, ainsi que le Rapport d’Uppsala, contiennent des changements importants pour la vie de la KEK s’ils sont adoptés.

Au fil de son histoire, liée au refus des Eglises de se voir imposer la division politique qui avait partagé l’Europe en deux au lendemain de la seconde Guerre mondiale, la KEK s’est trouvée fonctionner avec trois commissions qui avaient, chacune, une relative indépendance financière et décisionnelle au sein de l’organisation.

Le rapport préconise « un programme de réforme ambitieux de ses structures d’administration et de gouvernance » appuyé par « une vision et des objectifs clairs ». En d’autres termes, le rapport propose un resserrement structurel autour de la KEK seule, intégrant en partie le travail des commissions. Les Eglises membres de ces commissions peuvent cependant décider de poursuivre le travail effectué par celles-ci (par exemple, la Commission des Eglises européennes auprès des migrants) au sein de structures nouvelles…

Autre changement de taille proposé par le Rapport, la réduction du nombre d’implantations des bureaux de l’organisation de trois à deux. La KEK abandonnerait ainsi ses bureaux de Genève au profit de Bruxelles et Strasbourg « tant que ce maintien reste financièrement viable »…

« Regardez les oiseaux du ciel ! »

Emanuel Gather service

Mgr Emmanuel, métropolite de France

Mgr Emmanuel, métropolite de France et président de la Conférence des Eglises européennes (KEK), a invité les participants à la 14ème Assemblée qui se tient du 3 au 8 juillet à Budapest à vivre ce temps de rencontres dans la confiance, en citant l’Evangile selon Matthieu : « Regardez les oiseaux du ciel, ils ne sèment ni ne moissonnent, et ils n’amassent rien dans des greniers ; et votre Père céleste les nourrit. Ne valez-vous pas beaucoup plus qu’eux ? »

Dans un discours d’ouverture lucide sur la situation actuelle de l’organisation qui rassemble 120 Eglises orthodoxes, protestantes, anglicanes et vieilles catholiques ainsi qu’une quarantaine d’organisations associées, Mgr Emmanuel a invité les 470 participants à l’Assemblée, dont 220 délégués des Eglises membres à la mobilisation : « la crise économique nous a frappé et nous avons dû faire des choix difficiles, et il nous faudra encore faire des choix pendant cette Assemblée, mais nous ne devons pas nous démobiliser. »

Cet appel à la confiance pointait les défis qui attendent les Eglises d’Europe et l’organisation elle-même, mais permettait aussi à Mgr Emmanuel de relever le travail déjà effectué depuis la dernière Assemblée à Lyon en 2009 et l’enthousiasme qui a porté celui-ci. L’Assemblée devra en effet adopter, dans les jours prochains, une nouvelle Constitution et se prononcer sur la proposition d’un recentrement des implantations sur les sites de Bruxelles et Strasbourg, abandonnant les locaux du centre œcuménique de Genève. Ces dispositions sont le fruit du travail du groupe de travail de révision pour la KEK et ses Eglises membres qui a travaillé à partir des pistes de l’Assemblée de Lyon et ont été rassemblé dans le Rapport d’Uppsala sur lequel travailleront les délégués rassemblés dans la capitale hongroise.

L’archevêque d’Esztergom-Budapest saluant l’Assemblée au nom de l’Eglise catholique n’est pas un inconnu pour la KEK. Mgr Péter Erdő, est en effet président du Conseil des conférences épiscopales européennes depuis 2006, et à ce titre un partenaire régulier de la KEK. Il a d’ailleurs partagé sa joie à ce que cet événement ait lieu à Budapest, « un lieu de rencontres. » Répondant aux défis qui se posent à la KEK, évoqués par Mgr Emmanuel, il a lui aussi enjoint les participants de la 14ème Assemblée à la mobilisation : « le temps est venu que l’Europe s’engage dans son futur. »